Je compose, dirige et écris pour les choristes.
Sur la voix, l'écoute et la place de chacun dans le groupe.
La technique n'a de sens que quand elle sert quelque chose de vivant.
Un chœur ne se construit pas en additionnant des voix justes. Il se construit quand chacun sait où il est, ce qu'il entend autour de lui, et ce qu'il apporte au son commun. Le souffle, la justesse, l'accord : tout cela vient de là, et non l'inverse.
C'est pour cette raison que je travaille à rendre ma direction progressivement inutile. Un chœur qui dépend de son chef s'arrête dès qu'il baisse les bras. Un chœur qui s'écoute continue.
Si vous chantez dans une chorale et que vous vous demandez si votre voix est à la hauteur, c'est de ça que je parle. Votre voix a sa place. Elle attend un cadre où elle peut se poser.
Le collectif révèle ce que la voix seule garde en réserve.
Je le vois dans presque tous les chœurs où je travaille. Des voix qui se surveillent. Des chanteurs qui s'excusent d'occuper de la place. Et quelque chose qui reste au fond, faute d'avoir eu la permission de sortir.
Cette conviction, je la décline sous quatre formes.
D'abord, la musique.
Je compose pour les voix. De la polyphonie a cappella, écrite pour être chantée par des chœurs vivants plutôt que par des spécialistes. C'est de là que vient tout le reste : on écrit autrement quand on sait qui va chanter.
Ensuite, je la dirige.
Aevum
L'éternité. Un ensemble a cappella de 24 voix, dédié à la musique des XXe et XXIe siècles, avec une place large faite aux compositrices et aux compositeurs vivants. Fondé en 2025.
ensemble-aevum.com →Ce que j'apprends en dirigeant, je le mets par écrit.
Ce que j'apprends en dirigeant, mis par écrit pour les choristes. Le souffle, la justesse, le trac, l'improvisation, et la place que chacun occupe dans un groupe. Douze chapitres, une progression, et le parti pris de tout expliquer simplement.
Dans un chœur a cappella, on ressent souvent des frissons physiques lorsqu'un accord se forme avec précision, quand les harmoniques s'alignent et que le son semble se détacher du sol. Extrait
Très bon livre. Plein de bons conseils et exercices. Je vais le recommander à mes choristes.Christelle S., cheffe de chœur
236 pages · paru en 2024 · plus de 800 lecteurs
Et parfois, chez vous.
Je me déplace en France, en Belgique et en Suisse pour travailler avec des chœurs constitués : une journée, un week-end, ou une série de séances construites dans la durée. Le format, le répertoire et le budget se décident avec vous.
Entre deux, j'écris chaque semaine.
Les Carnets du Chœur : des observations de répétition et des réflexions sur la voix, la pédagogie et le chant collectif. En texte et en audio.
Et si vous voulez les recevoir directement, la Lettre part une fois par semaine. Ce que j'observe, ce que je cherche encore, et les découvertes que j'ai envie de transmettre. Désinscription en un clic.
Du choriste au chœur
Lorsque j'ai commencé à m'intéresser sérieusement au chant, j'ai vite réalisé à quel point il est difficile de trouver son chemin parmi la multitude de méthodes, d'écoles et de coachs vocaux existants. Trouver la bonne approche peut vite devenir un véritable labyrinthe si l'on se fie uniquement aux avis contradictoires que l'on glane ici et là, ou aux méthodes figées qui ne prennent pas en compte la singularité de chaque voix. On se sent parfois comme un explorateur sans boussole, cherchant son chemin dans une jungle d'injonctions techniques.
Le problème, c'est qu'on reçoit souvent tout en même temps : « pense à ton diaphragme », « ouvre tes côtes », « déverrouille tes genoux », « bascule le bassin », « relève la tête »... C'est une surcharge mentale immédiate. Je me souviens très bien du premier cours d'un élève arrivé chez moi dans cet état de saturation. Au lieu de l'empiler sous de nouvelles consignes, nous avons passé une heure entière juste à respirer. Rien d'autre. À la fin de la séance, il n'en revenait pas : il réalisait qu'à force de vouloir tout contrôler, il était passé à côté de la base même de son instrument pendant des années.
Avec les années et au fil des rencontres, j'ai compris qu'un bon accompagnement ne se limite pas à la transmission froide de techniques, aussi justes soient-elles. Il repose avant tout sur une attention sincère portée à la personne derrière la voix. Cette approche, résolument plus humaine, répond mieux aux besoins profonds d'un chanteur, car la voix n'est pas un simple mécanisme. Elle reflète autant nos émotions et notre histoire que nos compétences techniques.
J'ai souvent échangé avec des choristes, des musiciens et des passionnés qui, comme vous peut-être, confiaient se sentir perdus. Les questions sont nombreuses et reviennent sans cesse. Comment choisir le bon coach vocal, celui qui saura nous écouter ? Qu'est-ce qui fait qu'une méthode fonctionne miraculeusement pour l'un, mais reste obscure pour l'autre ? Comment concilier son envie légitime de progresser techniquement avec la nécessité absolue de se sentir en confiance, compris et encouragé dans sa démarche ?
Ces interrogations sont légitimes. Elles ne sont pas le signe d'une incompétence. Au contraire : elles prouvent que le chant est une affaire profondément personnelle.
J'ai en tête l'exemple d'un élève qui avait accumulé une quantité astronomique de savoirs techniques auprès de multiples professeurs. Il savait tout en théorie, mais quand il se mettait à chanter, j'avais devant moi une boule de nerfs, les mains crispées et jointes devant le ventre pour tenter de s'ancrer. Je lui demande : « mais qu'est-ce que tu fais là ? » Il me répond : « bah, je pense à mon ancrage, à ma posture ». Je lui ai dit : « on arrête tout ». Je me suis allongé par terre, et je l'ai invité à faire pareil, à se rouler au sol en chantant. Ça a fini en grande rigolade, mais surtout, ça a tout débloqué. Pourquoi ? Parce que nous étions revenus au jeu. Si la technique vous transforme en robot sans saveur, c'est qu'elle a raté son but. Chanter doit d'abord vous faire du bien. C'est la condition sine qua non pour que la précision technique puisse ensuite s'installer.
C'est de cette prise de conscience, et de ce désir de proposer une alternative, qu'est née la volonté de créer ce livre. Je l'ai écrit en pensant très fort à vous, qui cherchez un accompagnement pour votre voix mais ne voulez pas tomber dans un énième manuel technique aride. Je l'ai écrit pour ceux qui fuient les successions d'exercices sans âme et cherchent du sens. Je l'ai écrit aussi pour tous ceux qui, comme moi, ont ressenti à un moment donné la frustration de ne pas trouver de réponse satisfaisante auprès d'outils figés.
Il faut le dire, choisir un coach vocal est une affaire très personnelle. On ne s'en rend pas compte tout de suite, mais le chant nous amène à dévoiler une partie très intime de nous-mêmes. Nous exposons notre souffle, nos émotions, et parfois nos blocages et nos craintes les plus profondes. Quand je dis intime, ce n'est pas un mot galvaudé. Celui qui nous écoute chanter entend non seulement la note, la fréquence sonore, mais il perçoit aussi les micro-tensions, les hésitations, la couleur particulière du timbre. Bref, tout un univers qui reflète nos états d'âme du moment.
Pour beaucoup, chanter seul s'apparente à ce fameux cauchemar où l'on réalise soudain qu'on est arrivé tout nu à l'école. C'est une exposition totale. Certains ont les mains moites, d'autres des sueurs froides ; le corps réagit comme face à un danger vital. J'ai moi-même longtemps lutté contre un perfectionnisme paralysant, refusant les compliments parce que je ne voyais que le boulot qu'il restait à faire. Il m'a fallu du temps pour comprendre une chose essentielle : le plus important, c'est de faire. Une fois que vous êtes passé à l'action, que vous avez osé émettre ce son, vous faites déjà partie de ceux qui ont franchi le pas. Et croyez-moi, ce que le public retient, ce n'est pas l'imperfection technique, c'est le courage.
Combien de fois ai-je entendu à la sortie des concerts : « j'oserais jamais faire ce que tu fais » ? Votre victoire, elle est là : vous l'avez fait.
J'ai lu d'excellents livres sur la respiration et l'articulation des voyelles, et je ne renie pas cet héritage. J'ai moi-même profité de ces techniques pour asseoir ma voix et apprendre à chanter plus juste, plus librement. Cependant, j'ai aussi senti, intuitivement puis par l'expérience, que la technique ne suffit pas si l'on ne prend pas en compte l'être humain dans sa globalité.
J'ai vu des choristes se bloquer non pas parce qu'ils n'avaient pas compris le principe mécanique du souffle, mais parce qu'ils avaient peur de s'exprimer. D'autres étaient paralysés parce qu'ils avaient vécu, parfois des années plus tôt, un événement ou une remarque qui les avait convaincus qu'ils chantaient mal.
Depuis longtemps, je rêvais d'écrire un livre qui ne soit pas un recueil de règles rigides ou d'interdits, mais plutôt un compagnon de route. Un livre qui vous prenne par la main et vous dise : vous avez le droit de ne pas tout savoir tout de suite. Vous avez le droit d'avoir peur de monter sur scène. Vous avez le droit de penser que votre voix n'est pas comme les autres, c'est justement ce qui la rend unique.